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Photobioréacteur
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> Principales difficultés rencontrées
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Renseignements divers
Projet :
Photobioréacteur
Réalisé par :
Alexandre Dugas
Type de projet :
Conception d'appareil
ou de logiciel
Catégorie :
Sciences appliquées
et technologie
Classe :
Intermédiaire
Âge du participant :
15 ans
École :
Collège Durocher
Professeur :
Patrick Mathieu
A remporté :
Médaille d'or pour un projet
en biotechnologie, Intermédiaire
   

Projet présenté à l'Expo-sciences Bell, finale de la Montérégie 1998

Sélectionné pour la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 1998 (Montréal)

Projet sélectionné pour l'Expo-sciences pancanadienne de Timmins 1998 où il a remporté : Médaille d'or pour un projet en biotechnologie, Intermédiaire


Utilisation d'un photobioréacteur
pour la production d'oxygène


Mise en situation

Plusieurs personnes fréquentent chaque jour des lieux de travail dont la construction, généralement récente, est de type hermétique. En effet, dans de nombreux édifices à bureaux, parfois hauts d'une bonne centaine d'étages, il est impossible d'ouvrir une fenêtre pour permettre une bonne circulation d'air. Bien que ces structures comportent un système de ventilation perfectionné, ce dernier est souvent inefficace à évacuer le gaz carbonique dégagé par les personnes occupant ces bureaux.

Le gaz carbonique, comme vous le savez, est néfaste. On considère qu'un taux dépassant 600 ppm (parties par million) constitue un seuil d'alarme. Si la teneur d'une pièce en gaz carbonique devient trop élevée (teneur normale de l'air : 350 ppm), les occupants de l'établissement souffrent de migraines, de manque de concentration et même parfois d'agressivité. Une étude du docteur Fanger a d'ailleurs démontré que 42 % des problèmes d'insatisfaction exprimés par les occupants sont liés à une mauvaise ventilation. L'idéal serait donc de trouver un système de ventilation qui puisse transformer le gaz carbonique en oxygène, tout en fonctionnant en circuit fermé afin de sauvegarder les économies que permettent les systèmes actuels.



Hypothèse

Sachant que toute plante verte, sous l'action de la photosynthèse, remplace le gaz carbonique par de l'oxygène; il serait peut-être possible de régénérer de l'air à partir d'une structure qui renfermerait des végétaux. Comment faire, cependant, quand on sait qu'il serait pratiquement impossible de concentrer, dans des bureaux, un nombre suffisant de plantes pour répondre à la demande en oxygène de tout un édifice? De plus, le coût d'une structure semblable serait excessivement élevé...

Il faut donc se tourner vers les micro-organismes. Les algues microscopiques sont de bonnes candidates à cette fin car il est possible de les concentrer dans un espace aussi petit qu'un centimètre cube! Elles sont aussi plus faciles à contrôler que les bactéries et elles ne représentent pas de danger pour les humains.




Solution

J'ai donc construit un prototype de photobioréacteur afin de démontrer la faisabilité d'utilisation d'algues microscopiques pour la régénération en oxygène de l'air ambiant.



Fonctionnement du photobioréacteur

Principe :

Le principe est celui-ci : faire circuler des bulles d'air dans une solution d'algues. La photosynthèse produite par les algues réduit la teneur en CO2 de l'air injecté dans le photobioréacteur, et augmente la concentration en oxygène :

6CO2+ 12H2O + lumière _ C6H12O6 + 6O2 + 6H2O

Afin de maintenir la croissance des algues, des nutriments riches en phosphore sont régulièrement injectés dans le réacteur. L'efficacité de la production dépend de deux conditions : la richesse de la culture d'algues et la longueur du trajet parcouru par les bulles d'air.

Algues et nutriments utilisés :

Pour démarrer une culture d'algues, on utilise un aquarium dans lequel nagent deux poissons. Les deux animaux produisent des excréments dont la composition est riche en phosphore. Au bout de quelques jours, les deux poissons meurent asphyxiés par le manque d'oxygène et la forte teneur en phosphore, car l'eau ne subit aucune filtration durant ce laps de temps. Au bout d'un mois, les premières algues, appartenant au groupe des ankistrodesmus, apparaissent. Ces dernières se multiplient à une vitesse exponentielle. Étant donné que les règlements des Expo-sciences interdisent la présence d'êtres vertébrés dans les stands, des fertilisants constitués de 10 % d'azote, de 52 % de phosphore et de 10 % de potasse soluble sont utilisés comme source alternative de phosphore.

Construction de la structure :

Une fois la production d'algues amorcée, on doit ensuite concevoir un bocal spécialement destiné à favoriser la production d'oxygène. Ce bocal - en fait, le corps même du photobioréacteur - peut être fabriqué en acrylique transparent, un matériau léger et facile à façonner. Celui-ci est construit en prisme hexagonal, car c'est la forme qui procure le minimum de surface pour le maximum de volume, réduisant ainsi le coût des matériaux au maximum. (Les fuites sont colmatées avec du silicone pour aquarium afin de ne pas empoisonner les algues).

Dans ce système, l'air de l'extérieur est introduit par l'intermédiaire d'une pompe. Les bulles engendrées se déplacent le long d'un escalier en spirale, laquelle permet d'éviter qu'elles ne montent trop rapidement vers la surface. La spirale est constitué de plusieurs ailettes en acrylique. Ainsi, l'air peut circuler plus lentement dans la solution.

Si l'on veut enfin que les algues produisent de l'oxygène, il faut de la lumière. C'est pour cette raison que le photobioréacteur possède un néon de 15 watts. Ce dernier est inséré dans un autre prisme hexagonal.



Résultats obtenus

Les résultats obtenus l'ont été sur une période de dix jours. Ces résultats mettent en relief une capacité réelle du réacteur de produire de l'oxygène. J'ai remarqué que l'efficacité du réacteur augmentait lorsqu'on provoquait une dispersion des algues, celles-ci ayant tendance à se déposer sur les surfaces planes du réacteur. Aussi, contrairement à ce qui était initialement prévu, l'enrichissement souhaité en oxygène est obtenu, non par une circulation simple de l'air provenant de l'extérieur, mais par une recirculation constante de cet air à l'intérieur du réacteur.



Principales difficultés rencontrées

La principale difficulté de ce procédé est de maintenir les algues en suspension. Celles-ci, au bout d'un certain temps, se regroupent pour former de petits ballots. Ces agglomérations ne font que nuire au rendement du bioréacteur car alors, il n'y a plus qu'une mince couche d'algues qui participent au processus de la photosynthèse. Une pompe actionnée par une perceuse a donc été raccordée au photobioréacteur dans le but d'agiter l'eau et de maintenir les algues en suspension. Les lieux de sortie et d'entrée de l'eau, situés respectivement à la base et dans le haut du réacteur, favorisent la création d'un courant de convection.

L'essoufflement de la culture constitue le deuxième obstacle rencontré. En effet, l'efficacité du réacteur n'a cessé de décroître lorsque le système fonctionnait sur une base de quatre heures de repos pour vingt heures d'activité. L'efficacité s'est rétablie lors du passage à un cycle de douze heures de repos pour 12 heures d'activité.



Conclusion

Les algues ont fourni des résultats moins bons que prévu. Pour améliorer les performances, il faudrait que le débit d'eau soit encore beaucoup plus lent si on veut pouvoir obtenir une baisse adéquate du taux de gaz carbonique. Il faudrait aussi analyser plusieurs variétés d'algues : ici, une seule sorte d'algue a été testée. Des milliers d'autres, à plus haut rendement, pourraient peut-être être utilisées. Mais est-ce que les algues constituent la voie la plus favorable pour aider à régénérer l'air? Serait-il possible d'utiliser des bactéries?






© 2002, Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS). Ce document est distribué par le Conseil de développement du loisir scientifique.
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Les opinions exprimées dans ce texte sont celles des auteurs et ne reflètent
pas nécessairement le point de vue de Merck Frosst ou de ses employés.