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Eau fond, c'est clair !
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> L'expérience
> L'analyse et la discussion
> Conclusions


Renseignements divers
Projet :
Eau fond, c'est clair !
Réalisé par :
Charlyne Thauvette
et Andréanne Rochefort
Type de projet :
Expérimentation
Catégorie :
Sciences appliquées
et technologie
Classe :
Intermédiaire
Âge des participants :
15 et 16 ans
École :
Polyvalente de l'Érablière
Professeur :
Sylvie Trottier
A remporté :
Médaille de bronze, projet
en ingénierie, Intermédiaire
   

Projet présenté à l'Expo-sciences Bell, finale régionale de l'Outaouais 1998

Sélectionné pour la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 1998 (Montréal)

Sélectionné pour l'Expo-sciences pancanadienne de Timmins 1998 où elles ont remporté : Médaille de bronze, projet en ingénierie, Intermédiaire



Introduction

Lorsque nous avons décidé de nous lancer dans l'aventure des Expo-sciences, nous étions résolues à trouver un projet original dans une discipline qui nous était alors inconnue. Par pur hasard, nous avons eu vent de la présence, dans notre milieu, d'un archéologue sous-marin de grande renommée, monsieur Robert Grenier de Parcs Canada. Et fascinées par ses récits d'expéditions dans les bas-fonds des océans, à la recherche d'épaves historiques, nous nous sommes plongées dans le monde palpitant des découvreurs de la mer.



La problématique

Nos échanges avec monsieur Grenier nous ont permis de cerner une problématique en archéologie sous-marine qui nécessite une attention particulière. Ce problème, en apparence fort banal, pose un défi énorme aux plongeurs qui étudient les épaves : comment arriver, dans des conditions d'eau boueuse, à « amener » suffisamment de lumière du jour jusqu'à un site archéologique, afin de pouvoir travailler convenablement? En l'absence de solutions, les plongeurs doivent souvent travailler dans l'obscurité partielle ou totale, se fiant à leur seul sens du toucher pour compléter leurs recherches.



L'hypothèse

Le problème peut être réglé de façon efficace en créant, à partir de la surface de l'eau, un puits de lumière qui « descend » jusqu'à proximité de l'épave.



Les conditions d'expérimentation

Au point de départ, nous nous sommes d'abord renseignées sur ce qu'était la science de l'archéologie sous-marine. Nous avons voulu aussi connaître les conditions réelles de travail que l'on rencontre lors d'une fouille archéologique menée dans des eaux boueuses. Après étude de diverses possibilités, nous avons décidé de mettre à l'essai, en laboratoire, la solution du puits de lumière, c'est-à-dire une colonne que l'on crée à partir de la surface de l'eau, et qui amène la lumière jusqu'au site de la fouille archéologique. Nous avons ainsi expérimenté trois options de puits de lumière :

Option 1 :
employer une colonne rigide sans eau, c'est-à-dire remplie d'air.

Option 2 :
utiliser une colonne rigide remplie d'eau.

Option 3 :
tester une colonne souple faite de matelas transparents remplis d'eau claire.

En vue de reproduire en laboratoire les conditions d'opacité pouvant être retrouvées dans des eaux boueuses, et de créer un puits de lumière, nous nous sommes procuré le matériel suivant :



Matériel
Aquarium de 4,5 gallons
Agitateur (pompe d'aquarium)
Colonne rigide remplie d'air
(bocal étroit d'une hauteur de 25 cm)
Colonne rigide remplie d'eau claire
(2e bocal étroit d'une hauteur de 25 cm)
Colonne de matelas d'eau claire
(sacs à fermeture hermétique remplis d'eau claire retenus dans un filet suspendu à des bouées)
Épave (bateau miniature)
Boue (cacao)

Nous avons également obtenu un lecteur de pieds-chandelles pour mesurer l'intensité lumineuse, et une lampe équipée d'une ampoule de 40 watts pour simuler la source de lumière.



L'expérience

Nous avons divisé notre expérience en trois étapes :

Étape 1 - Simulation des conditions d'eau boueuse

Nous avons rempli l'aquarium d'eau, à une hauteur de 20 cm. Puis, nous avons rendu l'eau « boueuse » en y mélangeant une quantité suffisante de cacao. Pour nous assurer de l'opacité de l'eau, nous avons surélevé l'aquarium et observé que l'intensité lumineuse, provenant du fond de l'aquarium, était bel et bien à zéro pieds-chandelles.



Étape 2 - Préparation des puits de lumière

a) Colonne rigide remplie d'air (Option 1)

Nous avons employé un vase en verre, vide et transparent, que nous avons plongé dans l'aquarium. (Dans des conditions réelles, nous aurions utilisé un matériel résistant pour fabriquer notre colonne. Nous l'aurions plongé de force dans l'eau boueuse, à proximité de l'épave, et l'aurions immobilisé à l'aide de câbles fixés à des blocs de béton).

b) Colonne rigide remplie d'eau claire (Option 2)

Nous avons utilisé un vase transparent, rempli d'eau claire, et nous l'avons plongé dans l'aquarium. (Dans des conditions réelles, nous aurions utilisé une matière transparente autre que le verre et nous aurions fixé la colonne rigide remplie d'eau claire au-dessous de l'épave. La colonne aurait été attachée, à la surface, à un quai flottant et maintenue immobile, au fond de l'eau, par des câbles reliés à quatre blocs de béton entourant le site archéologique).


 c)  Colonne souple formée de matelas transparents remplis d'eau claire (Option 3)


Nous avons rempli d'eau claire plusieurs « matelas » ou sacs à fermeture hermétique, en laissant un peu d'air à l'intérieur de chacun. Afin qu'ils tiennent en place au-dessus de notre « épave », nous avons suspendu notre filet (sac d'oignons) à des bouées (flotteurs). Puis nous y avons empilé nos matelas d'eau claire pour qu'ils forment une colonne jusqu'à la surface de l'épave. Grâce aux bulles d'air dans les sacs, ceux-ci ont exercé une pression vers le haut, flottant donc à quelques centimètres au-dessus de l'épave (laissant, dans des conditions réelles, suffisamment de place à un plongeur éventuel pour circuler).



Étape 3 - Mesure de l'intensité lumineuse

Pour chacune des options, nous avons mesuré, à l'aide d'un lecteur de pieds-chandelles et d'une lampe de 40 watts, l'intensité lumineuse obtenue à l'extérieur de l'aquarium, ainsi qu'à la sortie d'un puits de lumière de 25 cm. Nous avons enfin mesuré l'intensité lumineuse à travers 3 cm d'eau « boueuse » située au-dessous du puits de lumière (dans cet espace relatif, requis par les plongeurs, dans des conditions réelles, pour effectuer leur travail). Voici les résultats de cette analyse :

Tableau 1 - Intensité lumineuse des puits de lumière *

Puits de lumière Intensité lumineuse claire Lumière ambiante (aucun puits de lumière) Colonne rigide et transparente de 25 cm remplie d'eau Colonne rigide et transparente de 25 cm remplie d'eau claire Colonne de matelas transparents remplis d'eau
    Option 1 Option 2 Option 3
À l'intérieur de l'eau (25 cm de profondeur) 9 p.-c. 11 p.-c. 12 p.-c. 10 p.-c.
À l'issue du puits de lumière (25 cm de profondeur) 0 p.-c. 14 p.-c. 15 p.-c. 9 p.-c.
À travers 3 cm d'eau boueuse au-dessous du puits de lumière 0 p.-c. 6 p.-c. 8 p.-c. 5 p.-c.

* mesurée à l'aide d'une lampe avec ampoule de 40 watts et d'un lecteur de pieds-chandelles.

Afin de confirmer notre capacité de voir jusqu'au fond de l'eau, nous avons posé au fond de l'aquarium notre mini-épave et des objets à reconnaître (ex : monnaie, ustensiles, etc.). Nous avons éclairé nos différents puits de lumière à l'aide de la lampe, et avons cherché à identifier les caractéristiques des objets au fond de l'aquarium. Ainsi, nous avons pu facilement reconnaître les couleurs, les formes et les écritures sur les différents objets.



L'analyse et la discussion

Dans l'ordre, c'est la colonne rigide remplie d'eau claire qui a donné les meilleurs résultats en termes d'intensité lumineuse, soit 15 p.-c. à la sortie du puits de lumière; elle est suivie par la colonne rigide remplie d'air (14 p.-c.) et, enfin, par les matelas transparents superposés (9 p.-c.). Malgré les différences observées, tous les puits de lumière que nous avons fabriqués ont donné des résultats satisfaisants, car ils ont transmis au moins l'équivalent de la lumière ambiante mesurée à la surface de l'eau, c'est-à-dire 9 p.-c. Donc, sous réserve de confirmer notre hypothèse dans des conditions réelles d'eau boueuse, nous estimons que tous nos puits de lumière seraient en mesure d'apporter l'éclairage voulu aux équipes de chercheurs sous-marins.

Cela dit, afin de départager les 3 options, nous avons analysé leur faisabilité technique. Pour ce faire, à partir de nos recherches et consultations, nous avons comparé les options sous quatre aspects (comme si elles étaient vraiment appliquées dans des conditions réelles à 10 m de profondeur) : 1) facilité de déplacement et d'installation; 2) résistance aux vagues et courants marins; 3) niveau de sécurité; et 4) coûts relatifs. Voici les résultats de cette comparaison :

Tableau 2 - Faisabilité technique

Puits de lumière
(Intensité lumineuse claire)
Lumière ambiante
(aucun puits de lumière)
Colonne rigide et transparente de 25 cm remplie d'eau Colonne rigide et transparente de 25 cm remplie d'eau claire Colonne de matelas transparents remplis d'eau
         
    Option 1 Option 2 Option 3
À l'intérieur de l'eau (25 cm de profondeur) 9 p.-c. 11 p.-c. 12 p.-c. 10 p.-c.
À l'issue du puits de lumière (25 cm de profondeur) 0 p.-c. 14 p.-c. 15 p.-c. 9 p.-c.
À travers 3 cm d'eau boueuse au-dessous du puits de lumière 0 p.-c. 6 p.-c. 8 p.-c. 5 p.-c.



Conclusions

Dans le cas de l'Option 1 - soit la colonne rigide remplie d'air - la forte pression (vers le haut) ressentie en tentant de plonger la colonne dans seulement 25 cm d'eau nous porte à conclure que cela ne fonctionnerait pas du tout, à moins que le site de la fouille ne se retrouve qu'à 1 seul mètre de profondeur.

Pour ce qui est de l'Option 2 - la colonne rigide remplie d'eau claire - c'est certainement celle qui offre les meilleurs résultats, si on mesure le degré d'intensité lumineuse transmise à partir de la surface de l'eau. Par contre, cette colonne rigide remplie d'eau claire nous préoccupe par les multiples dangers auxquels elle expose les plongeurs et le site de la fouille; nous doutons, entre autres, de sa capacité de résister aux vagues et aux courants marins.

Enfin, dans le cas de l'Option 3 - les matelas transparents remplis d'eau - nous avons constaté que la dite colonne se transporte et s'installe facilement, s'adapte aux courants marins et offre une grande sécurité. De plus, elle serait relativement peu coûteuse à mettre en place et à entretenir. Quant à l'intensité lumineuse qu'elle laisse passer, il y aurait moyen, en travaillant avec un fabricant de lits d'eau, de trouver une matière plastique encore plus transparente que nos sacs hermétiques. Nous recommandons donc que l'Option 3 soit retenue et que les possibilités techniques et commerciales de sa réalisation soient étudiées sérieusement dans des conditions réelles. À partir de là, nous pourrions nous-mêmes perfectionner la conception de notre puits de lumière, et même envisager des options encore plus futuristes, comme l'utilisation d'un puits de lumière fabriqué de fibres optiques. D'ailleurs, lorsque nous avons communiqué les résultats de nos expériences à monsieur Grenier, il en était ravi; il a même envisagé de faire l'essai de la colonne de matelas d'eau sur la rivière Gatineau, dès l'été 1998.

Enfin, sachez que nous sommes ravies des résultats de cette expérience. Nous souhaitons vivement avoir l'occasion, dans un avenir rapproché, d'aller jusqu'au bout de cette initiative, afin de trouver une solution définitive à ce problème vécu par les archéologues sous-marins.






© 2002, Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS). Ce document est distribué par le Conseil de développement du loisir scientifique.
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Les opinions exprimées dans ce texte sont celles des auteurs et ne reflètent
pas nécessairement le point de vue de Merck Frosst ou de ses employés.