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94,6 FM Radio Météores
> Renseignements divers
> Introduction : E.T. phone home?
> La détection des météores... En théorie
> La technique radio
> L'expérimentation... L'équipement
> La syntonisation
> Les écoutes
> Adaptations techniques
> Le signal
> Une écoute réussie (6-7 déc. 98)
> Une analyse difficile
> Améliorations possibles
> La part des amateurs


Renseignements divers
Projet :
94,6 FM Radio Météores
Réalisé par :
Francis Boulva
Type de projet :
Expérimentation
Catégorie :
Sciences physiques
Classe :
Intermédiaire
Âge du participant :
15 ans
École :
Collège Jean-de-Brébeuf
Professeur :
Martine Brousseau

Projet présenté à l'Expo-sciences Bell, finale régionale de Montréal 1998

Sélectionné pour la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 1998 (Montréal)

Sélectionné pour l'Expo-sciences pancanadienne de Timmins 1998 où il a remporté :
Médaille d'argent pour un projet en sciences physiques, Intermédiaire
Bourse, meilleure communication de projet, Intermédiaire
Projet remarquable en physique



Introduction : E.T. phone home?

De nombreux scientifiques, tel que Carl Sagan (1934-1996), s'accrochent depuis des décennies à l'idée d'entrer en contact avec une société extra-terrestre intelligente; et pour ce faire, ils scrutent les profondeurs du ciel à l'aide de puissants radiotélescopes. Pour l'instant, ils attendent toujours...
Mais qui sait si un jour...

Pendant ce temps-là, plus près de nous, il existe des projets de radioastronomie accessibles à l'amateur. L'un d'eux consiste à détecter le passage de météoroïdes dans l'atmosphère par l'entremise de la réflexion d'ondes radio FM sur la traînée ionisée (appelée météore) desdits météoroïdes. Il est donc possible d'écouter les étoiles filantes, quoi! C'est ce projet qui a attiré mon attention; je me suis demandé si j'étais capable de me mettre à l'écoute de ces grains de poussière et, plus encore, si je pouvais trouver un moyen fiable de calculer la quantité de météoroïdes qui chaque jour nous tombent sur la tête.



La détection des météores... En théorie


On compte par dizaines de millions les météoroïdes qui se vaporisent chaque jour de l'année dans notre fine atmosphère. Lorsqu'ils la traversent, à une vitesse moyenne de 100 000 km/h, ils se vaporisent; une étude approfondie a démontré que les plus petits d'entre eux se consument à un altitude moyenne de 70 kilomètres tandis que les plus gros tendent à se vaporiser plus haut. La compression de l'air produit l'ionisation des atomes qui sont entrés en contact avec les météoroïdes. Et lors de la désexcitation de ces atomes, il y a production de lumière. La colonne d'air ainsi ionisée, parfois longue de plusieurs kilomètres, a la propriété de refléter les ondes radio. C'est donc grâce à cette ionisation que l'on peut détecter l'apparition de météores.



La technique radio

Il suffit de se mettre à l'écoute d'une station lointaine (entre 800 et 1 600 km) dont la fréquence n'est pas utilisée dans les environs du récepteur. En temps normal, il est impossible de capter le signal radio en provenance du lointain émetteur. Cependant, lors de l'apparition d'un météore, c'est-à-dire lors du passage d'un météoroïde dans la haute atmosphère, les ondes radio émises par la station sont réfléchies sur la colonne d'air ionisée. Ainsi, pendant un bref instant, le signal est capté. Il arrive cependant que d'autres phénomènes atmosphériques provoquent la réception du signal. Il y a, entre autres, les aurores polaires, certains types de nuages. Il y a aussi les inversions de température lors desquelles, entre une masse d'air froid et une masse d'air chaud, l'onde radio est capturée. L'onde ainsi prisonnière peut voyager sur une distance de plusieurs centaines de kilomètres.



L'expérimentation... L'équipement

L'attirail nécessaire à l'écoute des météores n'est pas si complexe que l'on pourrait le croire. Je me suis procuré une antenne de type Yagi (antenne FM pour l'extérieur que l'on utilise souvent à la campagne). Je l'ai reliée à un récepteur FM conventionnel (à syntonisation analogue) à l'aide d'un simple câble à deux conducteurs. Afin de pouvoir analyser mes résultats sur une base fiable, je me suis procuré un appareil graphique. La traceuse est branchée au système de son à la place du haut-parleur. Les impulsions électriques, au lieu de faire vibrer une membrane pour produire un son, font bouger un marqueur sur un papier quadrillé, qui avance à raison de 25,4 cm (10 pouces) par heure.



La syntonisation

Le choix d'une fréquence non utilisée à Montréal - mais ailleurs, à quelque 1 000 km de chez moi - ne se fait pas sans problème. Je me suis donc procuré du Radio Marketing, Bureau de Toronto, la liste de toutes les stations du Canada. Cela m'a permis de faire un choix parmi une très grande quantité de fréquences. Il fallait cependant que le signal émis soit très puissant, de l'ordre de 100 kW. Ce ne fut pas facile parce que la quasi-totalité de la bande FM est utilisée à Montréal. J'ai finalement opté pour deux stations différentes, toutes deux d'Halifax. J'étais fin prêt. Et toute oreille!



Les écoutes

J'ai fait tout d'abord, durant trois nuits (au début de décembre), une écoute de météores sporadiques. J'ai choisi la nuit plutôt que le jour, pour deux raisons :

(a) D'abord, les météores sont plus nombreux la nuit, de 2 h à 10 h, puisque cette partie de la Terre fait face à l'avant (comme un pare-brise d'automobile). Cela fait en sorte que les météoroïdes foncent directement sur nous, contrairement au soir, où les météoroïdes doivent « rattraper » la Terre.

(b) Ensuite, je voulais tenter de définir une constante d'augmentation des impacts de météoroïdes dans l'atmosphère, en fonction de l'heure.

J'ai finalement fait l'écoute de deux plus importantes, les Géminides et les Ursides, et une dernière écoute (de météores sporadiques) à la mi-janvier. Toutes les écoutes se sont déroulées de 19 h à 7 h.



Adaptations techniques

J'ai rencontré quelques problèmes lors des observations. Premièrement, le récepteur (parce qu'il était analogue) avait tendance à quitter constamment la bonne fréquence. Une façon de régler ce problème était de brancher mon antenne à une radio à syntonisation digitale. Malheureusement, pour des raisons qui demeurent inconnues, la « traceuse » ne semblait pas compatible avec ce récepteur-là; j'ai donc été contraint d'utiliser la radio analogue. Le deuxième gros problème se situait à l'échelle... commerciale! La bande FM étant extrêmement utilisée, il était difficile de trouver une fréquence libre. J'ai donc dû mettre la fonction « FM mute » en marche, afin d'éliminer les bruits de fond non désirés. Lors de la première nuit d'observation, la fréquence syntonisée avait pour voisine immédiate une station universitaire de la ville. L'écoute fut donc limité à la période de 23 h à 6 h à cause des interférences. J'ai aussi essayé la solution du changement de fréquence. Sans succès, toutefois.

J'avoue que mes attentes, quant aux résultats, étaient grandes. Je m'étais dit qu'il serait facile de distinguer les météores des autres phénomènes atmosphériques et d'en calculer le nombre. Je m'étais trompé...

Résultats : réussites, insuccès et améliorations...



Le signal

Il faut tout d'abord savoir comment on perçoit le signal que l'on reçoit, et ce à quoi il ressemble sur papier. Lors du passage d'un météoroïde dans notre atmosphère, le bruit qui se fait entendre ressemble à un « ping » d'une fraction de seconde. Parfois même, si le météoroïde est de plus grande taille, il est possible d'entendre faiblement (pendant 15 à 30 secondes) une pièce de musique ou un animateur en ondes à ce moment-là. Sur papier, la marque laissée est un pic d'une amplitude d'un centimètre, parfois un peu plus court, parfois un peu plus long.



Une écoute réussie (6-7 déc. 98)

La toute première écoute fut sans aucun doute la meilleure. On y distingue clairement météores et autres phénomènes atmosphériques, quels qu'ils soient. Les aurores et les nuages ionisés sont facilement identifiables; le curseur monte rapidement et ne redescend que longtemps après, laissant sur le papier un dessin ressemblant à un pont. On peut noter, entre autres, une activité météorique pauvre entre 23 h et 2 h et une activité plus forte entre 3 h et 5 h du matin. Cela confirme en partie les données théoriques qui stipulent que les météoroïdes sont plus nombreux à traverser notre atmosphère aux petites heures du matin.



Une analyse difficile

Je n'ai malheureusement pas pu quantifier toutes mes données. Car à certains endroits, les lignes indiquant un météore étaient tellement nombreuses et entassées qu'il devenait impossible de les compter. Après réflexion, j'ai même conclu que cela n'était pas des lignes représentant des météores, mais bien un faible signal voisin de la fréquence écoutée (un signal qui brouillait complètement les cartes). Malgré cela, il est fort possible (et même très probable) que se cachaient, dans ce gribouillis de lignes, des traits révélant l'apparition de dizaines de météores. C'est pour cela que, en considérant la totalité des lignes, j'ai qualifié mes résultats dans deux graphiques. Par la suite, pour remédier à cet entassement de tracés, j'ai décidé d'augmenter la vitesse de déroulement du papier. Ça n'a toutefois pas suffi à espacer les traits; au contraire, il y en avait plus. Cependant, je suis en mesure de compter de petits traits, isolés, qui ont le profil typique des météores.



Améliorations possibles

Afin d'améliorer mon expérimentation, il aurait été souhaitable de trouver un moyen de brancher la traceuse à un récepteur à syntonisation digitale. Ça aurait aidé aussi d'installer l'équipement à la campagne, loin de la pollution électromagnétique de la bande FM. Je note également qu'il aurait été très intéressant de calculer la durée de chaque météore. L'Organisation américaine d'observation de météores a noté qu'un signal de plus de 5 secondes est causé par un météore visuellement brillant (magnitude de -1 et plus).

Il serait osé de dire que mes résultats correspondent aux moyennes établies, puisque les courbes que j'ai obtenues ne montrent pas de constantes notables d'augmentation du taux horaire moyen de météoroïdes. En temps normal, lorsque la Terre ne rencontre aucun essaim météorique, la technique radio permet de dénombrer, vers 18 h, six à sept météores par heure. Ce chiffre monte à environ 60 météores par heure vers les 6 h du matin. Évidemment, ce nombre peut passer de 50 à 200 météores à l'heure lors des pluies météoriques.

Cela dit, rares sont les pluies de météores qui peuvent offrir autant d'étoiles filantes que ce que les gens virent dans la nuit du 12 novembre 1833. Cette nuit-là, on réussit à observer jusqu'à 550 météores par minute!



La part des amateurs

Si on la compare à la seule observation visuelle de météores, la technique radio « d'écoute » des météoroïdes a plusieurs avantages. D'abord, on peut être à l'écoute le jour comme la nuit. L'observation radio de météores peut même se faire quand il pleut ou quand il neige... puisque dans des froids hivernaux, les observateurs peuvent demeurer bien au chaud dans leur maison. L'écoute peut également se faire lors des soirs de lune gibbeuse ou pleine, des moments qui rendent habituellement l'observation visuelle particulièrement difficile, voire impossible. Tous ces avantages font en sorte que plusieurs groupes de radioastronomes amateurs prêtent aujourd'hui de plus en plus l'oreille aux poussières de l'espace.

C'est grâce à de tels projets que les astronomes amateurs peuvent contribuer sérieusement à la culture et à l'élargissement des savoirs scientifiques. Saviez-vous, par exemple, que c'est grâce à deux astronomes amateurs, tels David Levy et Thomas Bopp, que de nouvelles comètes ont pu être révélées aux professionnels de la science? Les grands réseaux de radiotélescopes d'Arecibo ou du Nouveau-Mexique ne pointent pas leurs antennes vers ces petites poussières témoins de l'évolution du système solaire. Les amateurs sont les seuls à tendre l'oreille.






© 2002, Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS). Ce document est distribué par le Conseil de développement du loisir scientifique.
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Les opinions exprimées dans ce texte sont celles des auteurs et ne reflètent
pas nécessairement le point de vue de Merck Frosst ou de ses employés.