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 >  Sophie Roy, 1977
 >  Marc Ouellet, 1980
 >  Sabrina R. Perri, 1991 à 1996
 >  David Laflamme, 1996 à 2000
 >  Frédérick Moreau, 1997 à 2000
 >  Francis Boulva, 1997 à 2001
 >  Alexis Lussier-Desbiens,
1997 à 2001
 >  Romina Perri, 1998 à 2001
 >  Alexandra Sorocéanu,
1998 à 2001
 >  Marie-Claude Bilodeau et
Sébastien B.Bergeron,
1999 et 2000
 >  Cédric Houdayer, 1999 et 2000
Sophie Roy, Expo-sciences de 1977


Les renseignements qui suivent proviennent du document «Portraits de Lauréats» du Conseil de développement du loisir scientifique, grâce au soutien financier du ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec.

Sophie Roy, 1977


Initiée jeune aux sciences et à la recherche par son père, Sophie Roy a toujours aimé le domaine scientifique. Elle rêvait même de devenir astronaute, mais le mal des transports lui a vite fait changer d'idée.

En 2e secondaire, elle entend parler des Expo-sciences par Lizette Laroche, enseignante de biologie à la polyvalente Pierre-Laporte de Montréal. Sophie veut y participer et prépare «L'odorat chez la souris» avec une consœur de classe. Les deux filles présentent leur projet en 1977, à l'Expo-sciences de Montréal qui se déroule au Cégep Maisonneuve-Rosemont.

Leur projet d'expérimentation voulait déterminer si une souris pouvait sentir quelque chose. «Nous avions construit une maquette en forme de labyrinthe avec trois compartiments. Dans un, il y avait du fromage; dans un autre, c'était de l'alcool et la souris était dans le dernier. Nous regardions si la souris se dirigeait plus souvent vers le fromage que vers l'alcool. Notre conclusion fut que la souris n'était pas influencée par son odorat car elle allait autant d'un côté que de l'autre.»

Avec son expérimentation classée parmi les premiers projets, Sophie était heureuse que son travail soit valorisé. «À mon école, se rappelle-t-elle, ce n'était vraiment pas cool d'être intelligent! À l'Expo-sciences, j'ai eu l'occasion de rencontrer d'autres jeunes qui étaient passionnés par différents aspects de la science et cela m'a beaucoup encouragée.»

Cette expérience a marqué Sophie. «Nous avions pensé et monté notre projet nous-mêmes. À travers ce processus, j'ai découvert le plaisir qu'un chercheur ressent devant l'aventure de l'inconnu. Une chance, car au cégep, puis à l'université, les travaux en laboratoire sont tous organisés. Il n'y a rien à penser et encore moins à découvrir puisque l'on connaît les résultats à l'avance. Ce n'est que pendant mes études supérieures que j'ai retrouvé ce plaisir de l'inconnu. Si je ne l'avais vécu pendant mon projet d'Expo-sciences, jamais je n'aurais cru qu'il existait.»


Le goût de la recherche

Sophie s'inscrit au département de microbiologie et d'immunologie de l'Université McGill en 1982. Trois années plus tard, elle obtient son baccalauréat en sciences. «Les huit derniers mois de mon bacc, je les ai passés dans un laboratoire. J'ai bien aimé!»

Elle poursuit ses études à l'Université McGill dans le même département. Elle termine sa maîtrise en 1987. Pour son doctorat, elle change de département et se dirige en biochimie pour travailler sur le VIH. En 1991, Sophie termine son doctorat, mais elle a encore le goût d'apprendre. Elle reçoit une bourse gouvernementale pour faire un stage postdoctoral. «La bourse, c'est pour nous encourager à sortir du pays afin de prendre de l'expérience ailleurs.»
Sophie Roy

Cette ancienne exposante s'envole pour l'Université de la Californie à San Francisco, où elle étudie l'hépatite B au département de microbiologie et d'immunologie. Elle y demeure deux ans et demi. Par la suite, elle fait un deuxième stage postdoctoral au National Cancer Institute à Bethesda dans l'État du Maryland. Elle veut en apprendre davantage sur le cancer. Son superviseur est le Dr Harold Varmus, chef du National Institute of Health et récipiendaire d'un prix Nobel en 1989 pour sa découverte des oncogènes. Sophie demeure là-bas presque deux ans.

«Le Dr Varmus a été une révélation pour moi. C'est un scientifique très équilibré et un grand sportif. Il dit que le cerveau fonctionne mieux lorsque le corps est en forme. En plus, il sait qu'il n'était pas infaillible et il admet ses erreurs. Toute une leçon d'humilité. «Sophie et l'équipe cherchaient d'autres gènes impliqués dans le cancer du sein. Ils ont découvert un récepteur surexprimé à la surface des cellules cancéreuses.» Le plus excitant dans la recherche, c'est d'émettre des hypothèses et de les valider. Tu découvres comment ça fonctionne et tu réalises que c'est un paysage parfait, assez simple, mais très fonctionnel.»


Merck Frosst

À la fin de son deuxième stage postdoctoral, Sophie désire revenir au Canada. Elle envoie son curriculum vitæ dans plusieurs universités; lors de congrès et de conférences, elle le mentionne aux gens qu'elle rencontre. La compagnie Merck Frosst lui offre un travail en recherche fondamentale. Après maintes hésitations, parce qu'elle s'imaginait davantage dans une université, Sophie accepte l'offre. «Ma motivation était de pouvoir participer à la découverte d'un nouveau médicament.» Elle travaille au Centre de recherche thérapeutique Merck Frosst à Kirkland depuis décembre 1995.

Après avoir occupé les postes de biologiste de recherche senior et de maître de recherche au service de Biochimie et de Biologie moléculaire, elle est maintenant directrice du service de Pharmacologie. Elle travaille avec une équipe de chimistes, de biologistes et de pharmacologistes. «Travailler en équipe, c'est super important! On ne peut pas fonctionner seul, il faut établir des liens avec des gens et essayer de se comprendre. Chacun a son propre vécu!»

Sophie et son équipe étudient les processus biochimiques qui contrôlent la vie et la mort des cellules humaines. Ils travaillent actuellement sur une famille d'enzymes, les caspases, qui causent la mort cellulaire, et ils examinent les possibilités d'inhiber ces enzymes pour empêcher la mort des cellules qui ne se remplacent pas. «Si l'on pouvait inhiber la mort cellulaire des neurones, par exemple, on pourrait ralentir ou même empêcher des maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer», lance-t-elle, les yeux pétillants.

Un projet de cette envergure s'échelonne sur des années. Selon Sophie, il faut avancer pas à pas. «À chaque mois on apprend quelque chose de plus sur les mécanismes qui causent la mort cellulaire. Les petits pas sont importants et il faut les valoriser», affirme cette jeune femme totalement emballée par son travail.


Honneurs

En plus d'avoir mérité plusieurs bourses d'études, Sophie a reçu, en 1992, la médaille d'or du Gouverneur général du Canada, remise à des étudiants qui ont terminé leurs études avec les meilleures notes de leur institution. Cette même année, elle a aussi reçu le prix d'excellence de l'Académie des grands Montréalais commandité par la Chambre de commerce de Montréal et la compagnie Bell.

«Avec ce prix, j'ai vécu mes 15 minutes de célébrité!» En effet, Sophie a été honorée dans le cadre d'un gala réunissant 1 200 personnes. «À l'étape finale de cette compétition, je me suis retrouvée dans une petite pièce avec une dizaine d'hommes d'affaires sans formation scientifique et j'ai dû leur expliquer mon travail et mes recherches. J'ai vulgarisé le plus possible pour les intéresser et surtout pour garder leur attention. C'était un peu comme la présentation d'un projet d'Expo-sciences où la vulgarisation de notre démarche est si importante.»

Pendant la dernière année de son doctorat, Sophie avait émis l'hypothèse que la mutation d'un gène suppresseur de tumeur pouvait causer l'apparition de tumeurs. Son idée a fait du chemin. Après son départ, les gens de l'université ont eu du succès et ont demandé un brevet. Ce dernier fut émis au mois de septembre 1997 et le nom de Sophie y figure.

Avec un article intitulé «L'apoptose ou le suicide cellulaire» où elle vulgarisait le cycle de la mort des cellules, Sophie est nommée l'auteure de l'année 1998 par l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences.

Maintenant au milieu de la trentaine, Sophie affirme que faire carrière en sciences, c'est rester jeune toute sa vie. «T'es jamais arrivée, tu apprends et tu découvres toujours. Ça dure toute la vie! La formation scientifique peut paraître longue, mais j'ai réalisé, pendant mon doctorat, que j'étais en train de faire exactement ce pourquoi j'étudiais.»






© 2002, Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS). Ce document est distribué par le Conseil de développement du loisir scientifique.
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Les opinions exprimées dans ce texte sont celles des auteurs et ne reflètent
pas nécessairement le point de vue de Merck Frosst ou de ses employés.